La programmation 2016 était articulée autour de concerts de musique classique, de jazz et de chansons françaises, et de pièces de théâtre pour tous publics. Cet évènement s'est voulu un moyen de réunir artistes et spectateurs autour d'une nature magnifique, sans doute la meilleure scène de spectacle possible. 

Pour le plus grand plaisir des petits et grands, un cabaret champêtre ouvre les festivités avec un savant mélange de jonglerie, d’équilibre sur objet, de trapèze ou de danse sur fil. L’ambiance est donnée, entre rires et émotions. Les spectacles s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Ainsi chacun trouve de quoi se divertir et se cultiver.

La compagnie A l’affût nous propose un voyage dans des contrées orientales avec Ambre. Le metteur en scène, Nour Jlassi, a à cœur d’adapter des « histoires qui parlent ». Sur scène, les comédiens donnent vie aux objets, aux tissus, aux masques, et surtout aux marionnettes. Elles éclipsent très vite l’acteur qu’il y a derrière elles, preuve de sa réussite. On plonge dans l’univers magique des djinns pour en émerger 1 heure plus tard, riche d’une nouvelle découverte. La Compagnie du Bélier nous suspend un instant entre ciel et terre sur la place du village avec en arrière-plan, la belle église de Saint Roman. Leurs déplacements et leurs portés impressionnants se font autour d’une structure autonome – mât chinois et fil tendu –. Au gré de l’imagination des spectateurs, elle devient leur repère, leur bateau, tandis qu’une ambiance sonore de percussions et de guitare vient compléter ce tableau acrobatique. A chacun de laisser libre cours à ses rêves…

C’est à l’église que l’on se retrouve ensuite pour une balade médiévale. Héloïse Combes et ses musiciens nous amènent  dans l’univers des troubadours. Le lieu insolite les a tout de suite charmés et ils ont créé le spectacle pour l’événement et l’acoustique de l’église. Le résultat est une parenthèse hors du temps, chargée d’émotions et d’histoires.

Les Romanesques sont avant tout un prétexte aux échanges et au partage. La convivialité est le maître mot. Les festivaliers font connaissance, discutent autour d’un verre de vin local et fort apprécié. Ils peuvent se restaurer sur place, avec de délicieuses assiettes aux saveurs locales et profiter des espaces de verdure pour se détendre. Ces bons moments, simples et authentiques, font partie intégrante de l’esprit du festival. Les artistes aussi se rencontrent, comme ces deux compagnies de théâtre d’improvisation, celle de Nantes, le CITO et celle de Montpellier, les Improspectus. De façon impromptue, ces deux troupes vont créer des scénettes sur un mot du public : avec « amour », ils vont imaginer des situations cocasses et inattendues, tandis que « la colère » donnera la chair de poule aux enfants spectateurs et bouche bée devant cette capacité à improviser et à rebondir.  Dans cette foule détendue et réunie en ce début de soirée, un drôle de personnage fait son apparition : lunettes, blouse blanche, un docteur a-t-il été appelé ? 

Place ensuite à la gastronomie locale, pour découvrir boissons et produits du terroir. Tout est fait maison pour le plus grand plaisir de nos papilles.

Le dernier rendez-vous de la journée est un concert de jazz, par le groupe ad libitum Sextet. Guitare, saxophone, trompette et vibraphone nous accompagnent pour la soirée. Place à la détente et à la convivialité !

Dimanche matin, rendez-vous à 9h pour une balade artistique sous un soleil radieux. Des histoires locales, des contes, des danses, des chants et même des sorcières qui se réveillent au détour d’un chemin sous les yeux étonnés des enfants… On se laisse porter, on marche, on écoute, on se ressource… Certains ont fait le voyage de très loin, pour nous offrir ces instants de partage, comme Anne-Sophie Brétéchet qui vient de Nantes. Auteur et compositeur pour le plaisir, elle veut créer du lien à travers des thématiques certes universelles, mais personnalisées par ses mots et sa musique. Ses textes sur le lien maternel ou la liberté nous touchent. Elle joue avec les lettres et les notes, avec à la fois, l’innocence de l’enfance et la maturité de la vie. Le cadre bucolique s’harmonise à merveille avec les différentes prestations. Ici, retentissent quelques notes de saxophone, là-bas c’est l’appel de l’harmonica, qui nous mène vers deux « chanteurs cow-boys », pour un voyage pittoresque sur ces terres cévenoles.

Pendant ce temps, à la Tour du village, la harpiste Isabelle Toutain et l’artiste poète Marthe Omé se sont retrouvées pour un intermède riche en émotions. Nous retrouvons d’ailleurs Isabelle Toutain à l’église accompagnée de deux autres solistes, Jean-Michel Moulinet à la flûte et Joël Soultanian à l’alto. Ils nous offrent  un moment unique, en nous faisant découvrir un répertoire peu connu de musique de chambre des compositeurs français du siècle dernier. Leur prestation, magnifiée par l’acoustique de l’église, nous fait vibrer.

L’après-midi se poursuit au gré de concert, avec la compagnie La place de L’autre et de théâtre. La compagnie des Gobelets, qui réunit des amateurs, propose une pièce de jean Cagnard, la répartition des Mouches. A travers plusieurs personnages et une mise en scène haute en couleurs, on s’interroge sur la solitude du quotidien, même entre amis ou dans le couple. De quoi faire une petite introspection dans sa propre vie… On mesure aussi tout le courage de se produire ainsi sur scène. Il n’y a pas de loge mais on s’adapte, il y a du mouvement mais on reste concentré, dans le but de faire passer une émotion, de faire ressentir ce plaisir d’être sur scène et de partager, qu’ont tous ceux qui y montent.

Le festival se clôture en beauté par un concert de musiques baroques allemandes. Même les plus novices d’entre nous se sont laissé emporter par la puissance du chœur et l’enthousiasme des chanteurs.

Ce dernier spectacle est à l’image de l’ensemble de ce premier festival: il s’en dégage chaleur et émotion. La précision et la qualité des prestations se mêlent aux plaisirs qu’ont les artistes d’être là.  Et c’est communicatif, comme en témoignent les sourires et les échanges enthousiastes des festivaliers autour du verre de clôture. 

 

Fanny Chandesris