La Répartition des Mouches

Pièce de Jean Cagnard

Mise en scène de Catherine Vasseur (Compagnie 1057 Roses).

Durée : 1h15 - Tout public à partir de 12 ans

 

Cette histoire conte avec une âpre cocasserie, les cassures et déchirures de la vie. Elle met en jeu un constat réaliste ou poétique de l'état du monde, avec pour thème récurrent la solitude.

 

La solitude, ce n’est pas nouveau, ça commence à la naissance quand fermement convaincu d’une vie de proximité par neuf mois démonstratifs, on vous lâche dans l’oxygène où commence la dilution. Bonjour le monde. Ensuite, il se peut que nous contractions un sentiment d’appartenance envers cet endroit, la Terre, avant de comprendre qu’il ne s’agit là encore que d’un passage puisque la mort, depuis le premier jour, est prête à une nouvelle expulsion de nos désirs vers ailleurs. Fragilité.

Vivre, c’est comme appartenir à un noyau qui, à l’instar de l’expansion de l’univers, grossirait sans cesse, au détriment de la chair et du fruit, et éloignant l’un de l’autre chaque point posé à sa surface, chaque individu débarqué là. Vivre ressemble assez souvent à un paysage lunaire, les gens isolés par des distances d’étoiles. En levant le bras on peut toucher le ciel, mais le ciel n’a pas de commencement alors tout geste vers l’autre est comme insupportablement vain. La grosse machine du monde, minéral, social, politique, nous entraîne dans

des distances astronomiques, où le voisin de palier a forcément une gueule de cosmonaute et une violence à la place du langage. La solitude s’attache à la personne, à la communauté, à la rue, au quartier et prétendre se rattacher à la marche du monde c’est comme plonger son couillon de bras dans le ciel pour toucher les petites choses brillantes qui s’y trouvent.

Six milliards et demi de gens sur terre, voilà une belle grappe, mais encore une fois, comme la constitution atomique de la matière, c’est le vide entre les particules qui identifie particulièrement la masse.

 

Dans un style quotidien et surréaliste, on croise, entre autres personnages, L'Homme avec lequel on se sent seul quand on se trouve dans une pièce avec lui (le fil conducteur de la pièce), le Père Noël, le Fou Intérieur, des Couples "Séparés". Et aussi "la Population" qui vient nous parler. 

La troupe : Les Gobelets

La Compagnie des Gobelets existe depuis avril 2005. Elle est née de la volonté d'une bande de copains de poursuivre ensemble une belle expérience de théâtre amateur. Au fils des ans, certains sont partis, d'autres sont revenus, et surtout la Compagnie s'est toujours enrichie par l'arrivée de nouveaux venus...

 

Le choix des Gobelets est de jouer chez les particuliers, si vous souhaitez débuter votre soirée par un spectacle original, il nous suffit d'un carré de 3m de côté!

 

Elle présente chaque année une nouvelle pièce (souvent pour faire découvrir des auteurs contemporains) mise en scène par Catherine VASSEUR.

 

Avec : Françoise de Blomac, Solange Bonnisseau, Charles Coussy, Joël Dumousseau, Christine Ferrara, Hervé Gaidoz, Françoise Plauzolles, Jacques Seror.

 

 

Jean Cagnard

La naissance en 1955, pas loin de la mer, tout près de la métallurgie. Plus tard, pas mal de petits boulots, rencontre avec l’écriture, bonjour, des chantiers de maçonnerie, tout en écrivant. Puis les choses prennent leur place, certaines disparaissent, au revoir, d’autres se fortifient, on élargit la vie, écrire est ce qu’il faut faire à tout prix. Commençant par le roman, poursuivant par la nouvelle, le théâtre s’invite par des adaptations des deux genres précédents, avant de devenir prioritaire. La poésie pendant ce temps trace son chemin librement. Il écrit pour le théâtre de marionnettes et collabore depuis avec plusieurs compagnies (effigies, installation, vidéos…), pour des commandes qui ouvrent sur la relation au plateau. Puis découverte du travail de clown et du théâtre de rue.

Enfin plongeon concret dans la mise en scène. L’écriture est une matière vivante et donc susceptible de rencontrer des univers et des publics différents. Chaque fois un voyage. En 2005, création avec Catherine Vasseur de la Compagnie 1057 Roses à vocation de monter certains de ses textes. Là, le passage à la mise en scène, comme un long mûrissement, vient comme le prolongement naturel de l’écriture. La connaissance du plateau nourrissant la création même du texte. Le voyage s’élabore donc vers sa destination, là où le théâtre place sa particularité : la réalité. Et rendre réel sa propre pensée est encore une écriture.