Gestes, Sons, Saveurs

Samedi 22 août à 21h30 - Amphithéâtre de verdure

avec

Thierry Miroglio et Sophie Jégou

Durée : 1 h 30 - Gratuit

Une rencontre entre l'Orient et l'Occident, entre la Danse, la Percussion et les Arts visuels, où le geste chorégraphique sculpte les couleurs et rythmes instrumentaux des compositeurs majeurs de notre temps. Deux virtuoses, l'un de la percussion, l'autre de la danse, vous feront voyager. Prenez place dans l'amphithéâtre de verdure !

Thierry Miroglio

Virtuose de la Percussion, Thierry Miroglio réalise depuis plusieurs années une brillante carrière solo où il est invité à donner dans quarante pays des récitals et concerts dans de nombreux lieux et Festivals prestigieux de Salzbourg, Philharmonie de Berlin à New York, Venise ,Biennale et Paris, de Sao Paulo, Pékin et Mexico à Tokyo, Hong Kong et Chicago… 

Il est en fait l'un des rares percussionnistes au monde à réaliser un tel niveau niveau d'activité solo comprenant un répertoire de plus de 400 œuvres (solo et concertos).

 

Depuis plusieurs années, il collabore avec des compositeurs célèbres comme Cage, Berio, Donatoni, Denisov, Teruggi, Nobre, Risset, Stroppa, Nodaira, Grisey, Unsuk Chin, Chagas, Fernandez,Hayden, Jolas, Xu Yi, Mochizuki, Saariaho, Manoury, Fedele, Dufourt… créant nombre de leurs pièces, dont beaucoup lui sont dédiées. Il a réalisé de nombreuses productions internationales Radio-TV,  CDs en soliste pour divers labels internationaux (dernier solo le Monde des percussions chez Naxos..

Professeur au Conservatoire Darius Milhaud (Paris), Thierry Miroglio donne des masterclasses et conférences dans de nombreux pays, Tournées de récitals en Europe, Asie, Afrique, Amérique du Sud et USA, qui rejoignent la musique, les arts visuels et numériques, le théâtre et la danse.

 

Pour plus d'infos : www.thierrymiroglio.com

Sophie Jégou

Sophie Jégou développe depuis plusieurs années, une activité soliste importante. Travaillant particulièrement dans le domaine de la Création, associant la Danse aux autres formes artistiques (Poésie, Musique, Arts visuels, Théâtre), elle réalise, en tant que soliste, de nouvelles productions dans le cadre de festivals et salles importantes en Europe, Asie, Amérique Latine, Russie, Etats-Unis.

 

Parmi ses récentes performances, on peut noter entre autre la Biennale Internationale de Danse à Lyon, Versailles, Opéra Saint Etienne, Paris, Dijon ( création du solo Sabotage), Metz, Villeurbanne, Divonne les Bains, Rome, le Forte di Bard, Festival de Moscou, San Francisco, Sao Paulo, Riverside, Brasilia, Taipei, Salvador Bahia, Coventry, Morelia, Rome, Cracovie, St Petersbourg ou encore l’Université Nationale des Arts de Buenos Aires… Elle a également joué le rôle principal dans Le Fil rouge, performance créée au Festival Croisements, organisé par l'Ambassade de France pour une importante tournée en Chine (Pékin, Guangzhou, Shenzhen, Nanchang ...), dans laquelle elle avait comme partenaire Liu Yan, danseuse étoile de l'Opéra de Pékin.

 

Passionnée par l'activité pédagogique, titulaire du Diplôme d’Etat, elle donne des masterclasses et s'investit dans des actions pour personnes handicapées.

 

Elle a étudié la danse contemporaine avec Kilina Cremona, disciple de Merce Cunnigham, Robert Switson, Susanne Alexander, la danse classique avec Wayne Byars, P. Courdioux et D. Larcher. Elle est diplômée d'une licence de philosophie à l'Université de Lyon.

Programme

Fausto SEBASTIANI - Lo scarrabeo d'oro

Percussion solo - Création française 

 

Yi XU - Boeuf    

Percussion solo 

 

Bruno MANTOVANI - Le grand Jeu

Création des Images et du costume de danse: Marco DEL RE

Danse, Percussion, Electronique et Images 

 

---- Entracte ----

 

Paulo C. CHAGAS - Sisyphus of the Ear   

Film : Johannes BIRRINGER 

Percussion, Electronique et Film

 

XU Yi - Saveur   

Danse et Percussion - Création française 

 

Description des oeuvres

Fausto SEBASTIANI - Lo scarrabeo d'oro

L'écriture soliste virtuose qui caractérise Le scarabée d’or est intégrée dans un ensemble d’instruments hétérogène: un vibraphone, des percussions à peaux et des métaux (gong, tam tams, bols ). Ici le titre de la pièce a une référence extra-musicale et plus précisément avec l’histoire d'Edgar Allan Poe, dans laquelle la recherche d'un trésor enfoui est mise en scène. Sebastiani attribue des rôles qui retracent l'histoire aux trois types d'instruments: le vibraphone incarne le scarabée doré, les peaux représentent une carte et plus généralement la "raison », les gongs et métaux  l'aura du "mystère". Le sens ultime recherché dans l'écriture coïncide avec l'esthétique de Poe: la raison, comme seulement le rythme percussif n'est pas un salut; il peut offrir, au mieux, une chance de survie dans cette mer d'obscurité qui est la vie de chacun de nous.

 

XU Yi - Boeuf 

Selon Mo Yan ( Prix Nobel de littérature) : Le “Boeuf” et l'homme ont réalisé un écho, le bœuf est l'homme, l'homme est le bœuf. Les combats entre l'homme et le bœuf symbolisent les combats entres les hommes... La pièce est dédiée à Thierry Miroglio.

 

Bruno MANTOVANI - Le grand Jeu 

Création des Images et du costume de danse: Marco DEL RE

L'œuvre juxtapose sept sections différentes, unifiées par certains timbres récurrents (trames dans le grave, cellules de congas transformées par divers moyens...) et par des principes d'articulations aisément identifiables (élans, projections...). Tout au long des dix-sept minutes qui composent la pièce, le discours oscille sans cesse entre une écriture inspirée par l'univers électroacoustique (dynamiques abruptes et imprévisibles, ...) et la référence à des musiques «populaires» (funk, techno...). Ces points de repères clairs pour l'écoute sont les piliers dramatiques de l'œuvre. Les moyens utilisés pour l'élaboration de la partie électronique (totalement en temps différé) sont extrêmement nombreux : du montage d'éléments pré-enregistrés à la transformation du son par les logiciels AudioSculpt et GRM Tools, de la synthèse par modulation de fréquence au mixage sur Logic Audio, j'ai tenté de diversifier au maximum la palette sonore à ma disposition par l'emploi de techniques variées. Le logiciel SuperCollider a eu une importance capitale dans mon travail, notamment pour les sections en synthèse granulaire. Dans ces parties, les roulements de percussions et les sons électroniques fonctionnent sur un principe d'analogie et de fusion, alors qu'à d'autres moments de l'œuvre, j'ai plutôt recherché à dissocier les instruments de la « bande » sur le plan des timbres (mais non pas sur celui de la verticalité). L'oeuvre est dédiée à Philippe Hurel.    

B.M.

 

Paulo C. CHAGAS - Sisyphus of the Ear

Film : Johannes BIRRINGER,  Film

Un film quasi-muet - avec une bande sonore augmentée électroniquement de souffle, de pierres en mouvement et de sons de la parole, déconstruit et déformé du poème `` Zang Tumb Tumb '' de l'artiste futuriste Marinetti - est entraîné de manière invisible par les gestes des percussions qui soutiennent et canalisent cette composition audiovisuelle de Paulo C. Chagas et Johannes Birringer. Le scénario visuel dépeint l'ascension prolongée et dangereuse d'un homme âgé sur une colline escarpée dans une carrière abandonnée. La montée échoue et le protagoniste tombe et glisse vers le bas, pour recommencer la montée. Les images composent une étude de la futilité (et un scénario existentiel redevable à l'histoire de Camus sur Sisyphe (1955) où il parle de la confrontation au «silence déraisonnable du monde», ici aggravé par une condition [non visible] d'un « trouble vestibulaire du vent intérieur, acouphènes et hyperacousie). Les conditions audibles du vent intérieur sont évoquées cinétiquement et interprétées de manière dynamique et dramatique à travers les instruments de percussion, et ainsi l’auditif et le visuel engendrent la retenue mutuelle. 

La musique de percussion développe une structure de huit segments dans lesquels une myriade de pulsations, des temps réguliers et irréguliers et une diversité de rythmes se déplacent sur un ensemble de sept instruments à peau - de la grosse caisse aux bongos aigus - et trois cymbales. L'une des sections présente le rythme du «carimbó», une danse d'origine indigène de la région brésilienne du Pará, en particulier l'île de Marajó située à l'embouchure du fleuve Amazone.

 

XU Yi - Saveur 

- La saveur est la qualité qui est perçue par l'organe du goût : saveur agréable, désagréable, exquise, fade, forte, très marquée; saveur acide, âcre, aigre, amère, salée, sucrée.

- La saveur est la qualité de ce qui est susceptible de produire sur quelqu'un une sensation délicate, le plus souvent agréable : Saveur d'un baiser; saveur d'un moment, saveur d'un plaisir; saveur amère ou douce des passions; saveur de la nouveauté.

- La saveur est la qualité de ce qui est susceptible de séduire l'esprit, de stimuler l'attention, l'intérêt. Situation qui ne manque pas de saveur; donner de la saveur à quelque chose; saveur d'un bon mot, d'une plaisanterie...

- La saveur est le rapport premier au goût, la perception d'une sensation, l'appréciation d'une qualité subtile par l'esprit entre l’Occident et l'Orient.

Cette œuvre s'inspire de la relation entre les cinq éléments et la nourriture, la couleur et la saison dans l'écriture musicale, le choix des instruments à percussion et leur placement sur la scène ...

XU Yi 徐仪